Le travail en altitude et les bonnes pratiques en matière de SST

21 octobre, 2020 | Blogue

Karine Benazera, ing.

Chef de pratique, exécution de projets

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Sylvain Boily

Sylvain Boily, ing., MBA, PMP

Directeur de projet – Préparatifs opérationnels et mises en service

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Le travail en haute altitude et en région montagneuse éloignée est une situation peu commune. Avant de s’y engager, il est important de bien comprendre les risques qui y sont associés et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité des employés appelés à participer aux travaux.

Chez BBA, les valeurs associées à la santé et à la sécurité au travail (SST) orientent les choix et guident les décisions à tous les instants. Avant chaque mandat, nous procédons à une analyse des risques liés aux travaux à effectuer, en collaboration avec les employés impliqués et les représentants SST du client.

Les effets de l’altitude

En haute altitude, la pression atmosphérique baisse et l’oxygène se raréfie. Ainsi, la quantité d’oxygène disponible à 3 000  m équivaut au deux tiers de celle disponible au niveau de la mer et à 5 000 m, cela équivaut à la moitié.

En haute altitude, l’individu se trouve en état d’hypoxie, le terme médical qui désigne le manque d’oxygène. Dans ce contexte, le corps humain réagit en développant des mécanismes physiologiques qui tendent à rétablir une oxygénation compatible avec les besoins cellulaires usuels.

L’acclimatation est la phase initiale de l’hypoxie et déclenche l’accélération de la respiration et du cœur. Ces réactions ventilatoires et circulatoires bénéfiques permettent ainsi d’augmenter l’apport d’oxygène aux cellules. Elles entraînent cependant une surcharge de travail pour les poumons (hyperventilation) et le cœur (tachycardie), en plus de gêner la circulation cérébrale.

Lorsque l’exposition à l’hypoxie se prolonge, l’organisme s’adapte et met en place des mécanismes qui remplacent graduellement l’hyperventilation et la tachycardie. L’exposition doit être toutefois progressive et suffisamment prolongée pour que ces mécanismes soient efficaces.

L’adaptation à la haute altitude ne dépend pas de la forme physique de l’individu ni du nombre de séjours antérieurs, de l’âge ou du genre. L’augmentation sensible de la quantité de globules rouges responsables du transport de l’oxygène dans le sang se produit après au moins une semaine d’exposition.

Les symptômes

La réaction à l’hypoxie dépend de chacun, mais les symptômes suivants peuvent apparaître ensemble ou isolément dès les premières heures d’exposition :

  • Maux de tête
  • Vertiges et troubles de l’équilibre
  • Nausées, manque d’appétit et troubles de l’estomac
  • Problèmes respiratoires
  • Fatigue, troubles du sommeil et somnolence
  • Irritabilité
  • Diminution de la quantité d’urine

Ces symptômes sont normaux et disparaissent généralement d’eux-mêmes après quelques heures de séjour en altitude et la prise d’analgésiques. Dans certains cas, des complications graves peuvent survenir, telles que :

  • Toux, crachats, lèvres bleues, respiration insuffisante
  • Maux de tête aigus non soulagés par l’aspirine, vomissements, troubles de la vision

Dans ces cas graves, il faut conduire la personne à une altitude inférieure le plus rapidement possible et consulter un médecin.

L’analyse des risques

Le respect des politiques en matière de SST de BBA exige que toute personne ayant à travailler en altitude réalise une analyse des risques au préalable.

Lors que les travaux doivent se dérouler en altitude, la démarche d’analyse et de gestion des risques doit comprendre :

  • un examen médical, pour s’assurer qu’il n’existe aucune contre-indication au travail en altitude;
  • une liste des vêtements chauds à prévoir en fonction des conditions climatiques;
  • la constitution d’une trousse de premiers soins pouvant inclure une bouteille d’oxygène;
  • un audit des procédures de santé et sécurités et du plan de mesures d’urgence du client.
  • l’établissement d’un plan de mesures d’urgence conséquent;

Par ailleurs, pendant le trajet menant au site, des points de contrôle doivent être prévus; le conducteur du véhicule doit s’y arrêter pour communiquer le statut des voyageurs et du véhicule  à une personne désignée. Si cette dernière n’a pas de nouvelles du conducteur à l’heure prévue, elle doit alors déclencher le protocole d’urgence pour porter secours au véhicule et à ses occupants.

Une fois arrivés sur le site, les employés doivent être attentifs aux symptômes liés au travail en altitude et les rapporter au personnel médical présent sur le site.

Pour conclure

Avant de réaliser des travaux en haute altitude, il est important de faire des recherches pour bien comprendre l’environnement et les particularités des lieux où ils se dérouleront. De plus, avec la collaboration du client, il est possible d’identifier au préalable les procédures de santé et sécurité en vigueur et de se doter d’un plan de mesures d’urgence adaptées au site.

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