Bien gérer les alarmes, c’est payant

1 octobre, 2020 | Blogue

Maxym Lachance

Maxym Lachance, ing.

Ingénieur, Optimisation et contrôle avancé

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La gestion des alarmes est un sujet qui préoccupe de plus en plus les dirigeants d’usine et d’entreprises industrielles. La plainte principale est la trop grande quantité d’alarmes reçues par rapport aux normes de l’industrie, comme ISA 18.2, EMMUA 191 ou IEC 62682. Lorsqu’on observe un écart par rapport aux normes, il est en général suggéré de procéder à une rationalisation en s’attaquant aux alarmes les plus présentes (mauvais acteurs) ou de recourir à un processus de rationalisation plus complet avec l’aide d’un document détaillant la philosophie en matière de gestion des alarmes. Mais ce type de service est-il plus que de la poudre aux yeux? Réduire le nombre d’occurrences des alarmes va-t-il vraiment changer quelque chose? Après tout, l’usine fonctionne déjà probablement depuis longuement, et ce, malgré la présence d’alarmes, aussi nombreuses soient-elles.

Ce billet de blogue vise à mettre en lumière les avantages associés à une saine gestion des alarmes, mais aussi à démontrer le coût associé aux alarmes trop nombreuses.

Une question d’efficience

La gestion des alarmes est une approche globale qui touche plusieurs aspects, tels que la philosophie, la conception, les écrans des opérateurs, les fonctionnalités des alarmes (p. ex. shelving), le cycle de vie, l’audit et la gestion du changement. Cependant, on peut souvent simplifier l’évaluation des performances d’un système de gestion des alarmes par la quantité d’alarmes reçues au quotidien. Pour un opérateur, le nombre d’alarmes quotidiennes devrait rester sous la barre des 300, mais il n’est pas rare qu’un seul opérateur doive gérer quotidiennement des milliers d’alarmes! 

Une saine gestion à ce chapitre permettra de réduire le nombre d’alarmes, ce qui aura les effets suivants :

  • Une diminution du temps consacré par les opérateurs à la gestion des alarmes, ce qui leur laissera plus de temps pour d’autres tâches à valeur ajoutée.
  • Une réduction du stress des opérateurs.
  • Une meilleure priorisation des alarmes, car en en réduisant le nombre, il devient plus facile de prioriser et de traiter les alarmes.
  • Une optimisation des ressources, puisqu’avoir moins d’alarmes à traiter peut signifier d’avoir recours à un seul opérateur qui contrôle plusieurs usines à distance.

La réduction du nombre d’alarmes ou leur saine gestion permettra de plus de minimiser les bris et les pertes de production et de maximiser la production. 

Des avantages démontrés

Pour comprendre le rendement de l’investissement, il faut donc établir un parallèle entre le nombre d’alarmes et le nombre de problèmes – pertes de production, risques humains et environnementaux, bris d’équipement, etc. Heureusement, ce parallèle a déjà été démontré à maintes reprises dans les différentes normes et dans des articles.

Par exemple, la norme EMMUA 191 (Alarm systems: a guide to design, management and procurement) illustre le coût de la mauvaise gestion des alarmes à l’aide de nombreux exemples :

  • Lors d’un accident, la centrale nucléaire de Three Mile Island a été endommagée de façon permanente, les pertes ayant été estimées à près de 1 G$. Le principal problème était la mauvaise gestion des alarmes, la présence d’un trop grand nombre de mauvaises alarmes ayant empêché l’opérateur de bien circonscrire le problème. Le rapport d’événement démontre même que l’incident aurait pu être évité si l’opérateur avait pu mieux cerner la situation.
  • Le consortium ASM (Abnormal Situation Management) estime que les pertes engendrées par les anomalies dans le milieu pétrochimique se situent entre 10 G$ et 20 G$ par année.
  • De façon générale, on estime que les anomalies engendrent de 3 % à 8 % de pertes par rapport à la capacité normale d’une usine.

La saine gestion des alarmes ne permettra pas d’éviter toutes les anomalies, mais elle contribuera à les réduire, à minimiser leurs impacts et à éviter les catastrophes.

Finalement, en plus d’éviter des bris, des pannes ou des incidents, la saine gestion des alarmes procure d’autres avantages souvent négligés, tels que :

  • Le respect des règlements et des lois en vigueur relativement à la sécurité du site et des employés, dans le contexte où il revient à l’employeur d’adopter de bonnes pratiques, dont la gestion adéquate des alarmes.
  • Une réduction des primes d’assurance, en raison de l’amélioration du dossier de réclamations.
  • Un accroissement de l’excellence opérationnelle.

Pour conclure

La gestion des alarmes devrait faire partie intégrante d’une bonne gestion opérationnelle. Mieux gérer les alarmes en réduisant leur nombre et en augmentant leur qualité permettra aux opérateurs de contrôler plus efficacement l’usine, de réduire les incidents et de maximiser ainsi les profits.

Même s’il est parfois difficile de mesurer les répercussions directes d’une saine gestion des alarmes, rappelez-vous que le coût à payer pour leur mauvaise gestion est bien réel et qu’il peut être financier, environnemental ou humain.

La gestion des alarmes, c’est payant! Un audit peut vous permettre d’avoir l’heure juste en évaluant votre performance en la matière et en comparant vos pratiques aux standards de l’industrie. 

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